mardi 26 octobre 2010

Les filles, les voisins et les deux religieux


Dimanche 24 octobre, les filles du foyer Les Fougères ont vendu des gâteaux à l'église protestante. L'occasion (rare) de rencontrer des voisins parfois agacés par le comportement "bruyant" de certaines d'entre elles dans le quartier.

Dans l'église protestante de la rue Boecklin, une trentaine de fidèles, la plupart des personnes âgées, écoutent Marc Weiss, le pasteur, achever son sermon. La scène hebdomadaire pourrait, comme à l'accoutumée, s'arrêter sur les coups de 11 h. Mais ce matin, des voisines un peu spéciales ont installé un stand dans l'entrée de l'église.

Quatre adolescentes du foyer Les Fougères, accompagnées de Rizlaine Miftahi, leur éducatrice, vendent aux paroissiens du café et des gâteaux préparés la veille. Peu nombreux, les fidèles du jour n'en demeurent pas moins bon clients.

Ambiance



La recette de la matinée atteint presque les 100 euros. "Un bon début pour réussir à emmener les filles en week-end à Paris, explique Rizlaine Miftahi. Mais l'autre but de l'opération c'est aussi de parler du foyer en rencontrant des gens du quartier."

Car les contacts avec les autres habitants ne sont pas toujours faciles. Pourtant les deux maisons du foyer Les Fougères existent depuis longtemps : 1964 pour celle de la rue Charles de Foucauld et 1968 pour la bâtisse de la rue Jeanne d'Arc.

Si toutes les filles sont placées dans le foyer sur décision judiciaire, cela ne signifie pas qu'elles ont nécessairement commis un délit. Si pour certaines le foyer constitue effectivement une "mesure éducative", d'autres arrivent ici suite à un placement administratif ou parce qu'en tant qu'étrangères, elles sont déclarées "mineure isolée". Leur point commun à toutes, c'est d'avoir connu des problèmes familiaux.

A deux pas de l'église protestante, rue Jeanne d'Arc, devant l'église catholique Saint-Louis - située à proximité du foyer - un voisin confirme qu'il existe ici quelques problèmes avec les filles.

Un voisin



Conséquence, le curé de l'église Saint-Louis a décidé de déposer une main courante à la police. Il dit s'étonner de devoir en arriver là. "Je ne comprends pas comment la responsable d'établissement laisse sortir ces filles, pour la plupart mineures, après 22 h."

"Et bien c'est simple, si vous fermez la porte, certaines sortent par la fenêtre" rétorque Christine Vanderlieb, la directrice du foyer abritant les 30 pensionnaires des Fougères. Sauf permission particulière, les filles n'ont pas le droit de sortir après 21 H 30. "Quand elles ne sont pas rentrées à 22h, le foyer prévient la police qui, si elle les rencontre, nous les ramènent."

Pour calmer un peu les critiques des voisins, le foyer a organisé en 2009 des portes ouvertes. Suite à cette initiative, une voisine est même devenue membre de l'association. Plus récemment, les filles qui avaient le plus tendance à faire le mur, ont été déplacées "chez Charles" (Les résidentes qualifient ainsi la maison du 17 rue Charles Foucauld). Les filles de la rue Jeanne d'Arc ("chez Jeanne") confirment que, depuis, la situation a quelque peu évolué.

Les filles

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