Hier mardi, l'association Foyer des loisirs-Tour Schwab a organisé une conférence, dans le bâtiment du même nom, pour discuter du rôle des « aidants » envers les personnes âgées. Un problème qui concerne au premier chef la Robertsau du fait de la grande proportion de retraités qui y habitent.
« Les aidants sont des non-professionnels qui soutiennent moralement ou physiquement des proches malades », explique Anne Hetzel, infirmière libérale à la Robertsau. « Environ 80% de ma clientèle est constituée de personnes âgées. La plupart dépend essentiellement des aidants ».
« Cette problématique touche particulièrement la Robertsau », tient à préciser Patricia El Bassil, directrice de la maison des aînés du quartier. D'après une étude de l'INSEE datant de 2006, il y a une sur-représentation des personnes âgées de plus de 60 ans à la Robertsau. Cette population représente 19,3% des habitants, contre 16% pour la moyenne strasbourgeoise.
« Moi je ne sais pas quoi faire quand il insiste pour monter l’escalier pour rejoindre son bureau et travailler. Il risque en permanence de chuter », s’exaspère une « aidante » qui n’arrive pas toujours à gérer les désirs de son mari malade. « Il faut lui aménager un bureau en bas. Pour lui, travailler est important. Il faut que vous, en tant qu’aidante, vous lui laissiez un espace de liberté », lui répond Nathalie Daeng, docteur en psychologie et animatrice de la conférence de la soirée, intitulée « La relation aidant-aidé au sein du couple ».
Une relation que Marie-Thérèse Cronimus a bien connu avec son mari handicapé.
A 74 ans, elle vit au cœur de la cité de l'Ill depuis 49 ans. Cette ancienne batelière, s'est installée il y a trois ans dans un appartement spécialement aménagé pour les personnes dépendantes. Son mari avait alors besoin d’elle pour rester à son domicile. Désormais, elle vit seule, pas question pour autant de quitter son appartement.
Plus au nord sur la route de la Wantzenau, elle demeure la plupart du temps dans sa maison cossue.
Une situation qui n'aurait pas été possible sans l’aide de ses proches et de la technologie.
Bien souvent, le souhait de l'aidant est de satisfaire les exigences de la personne aidée. Parfois, au détriment de lui-même. Pour l'infirmière Anne Hetzel, le paradoxe est que, dans ce genre de relation, « les aidants ont eux-mêmes besoin d'être aidés ».
Guillaume Clerc
Geoffrey le Guilcher
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